Critique – Room

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Affiche RoomÉtats-Unis : 2016
Titre original : –
Réalisateurs : Lenny Abrahamson
Scénario : Emma Donoghue
Avec : Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, William H. Macy
Distribution : Universal Pictures International France
Durée : 1h58
Genre : Drame
Date de sortie : 9 mars 2016

Note : 4,5/5

Précédé d’un excellent buzz ô combien justifié, Room est un film d’une sensibilité rare porté par deux acteurs simplement exceptionnels : la chevronnée Brie Larson et la révélation Jacob Tremblay.

Synopsis : Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Jacob Tremblay et Brie Larson dans Room

Une chambre éclatante de sensibilité
Room fait partie de ces petits films que l’on ne voit pas venir et qui nous met à terre par sa beauté rare. Huis-clos ambitieux qui fait un sans-faute, le film de Lenny Abrahamson semble touché par la grâce. La grâce d’une réalisation pudique et d’un scénario qui évite les poncifs larmoyants. Et surtout la complicité aveuglante de Brie Larson et de Jacob Tremblay. La première écume les séries et les films depuis de dix ans, son talent insolent en bandoulière, le second est l’un des enfants acteurs les plus doués que les Etats-Unis nous ait offert. Tremblay joue Jack avec une maturité bluffante – il avait 7 ans au moment du tournage – et transcende le film par son authenticité de jeu. Son innocence enfantine nous fait presque oublié la prison délabrée dans laquelle il a toujours vécu avec sa mère qui, elle, met tout son amour en oeuvre pour insuffler de la magie dans leur quotidien glauque.
Le duo mère/fils est l’une des principales forces de Room – qui n’en manque pas outre mesure – pour autant la deuxième partie du film, après la libération, permet de mettre en avant le jeu complexe de Joan Allen. En jouant la mère du personnage de Brie Larson, elle oscille entre le soulagement de retrouver sa fille disparue depuis des années – qu’elle croyait certainement morte – et les difficultés inhérentes à leur nouvelle situation. Son petit-fils qu’elle n’a pas vu naître dont le père est le bourreau de sa fille, la chair de sa chair qui est devenue mère, seule. D’ailleurs, William H. Macy, toujours excellent, parvient sans dire un mot à exprimer cette souffrance ultime pour un parent et a fortiori pour un père qui n’a pas su protéger sa fille face aux assauts répétés d’un malade.
Room est un film bouleversant, d’une puissance émotionnelle inouïe. Un petit bijou venu de nulle part, qui reste avec nous, longtemps après son visionnage.
Brie Larson et Joan Allen dans Room

Les +
+ La prestation époustouflante de Jacob Tremblay
+ La performance de Brie Larson qui mérite largement son Oscar
+ La réalisation subtile qui fait écho à un scénario très fort
Les –
– S’il faut en trouver un, la sous-utilisation de l’excellent William H. Macy

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