Critique – This is not a love story

this is not a love story afficheÉtats-Unis : 2015
Titre original : Me and Earl and The Dying Girl
Réalisateur : Alfonso Gomez-Rejon
Scénario : Jesse Andrews d’après le livre Journal d’un Loser
Acteurs : Thomas Mann, Olivia Cooke, RJ Cyler
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée : 1h46
Genre : comédie dramatique
Date de sortie : 18 novembre 2015

Note : 4/5

Repéré au festival de Sundance, réputé pour ses choix pointilleux en matière de films indé, This is not a love story (me and Earl and the dying girl) a reçu le prestigieux Grand prix du jury ainsi que le prix du public. Adapté d’un roman pour adolescents de Jesse Andrews intitulé Me and Earl, This is not a love story relate la rencontre qui va changer la vie de Greg, lycéen en décalage avec les autres adolescents. Un film humain doté de nombreuses qualités….

Synopsis : Greg est un lycéen introverti, adepte de l’autodérision, qui compte bien finir son année de Terminale le plus discrètement possible. Il passe la plupart de son temps avec son seul ami, Earl, à refaire ses propres versions de grands films classiques. Mais sa volonté de passer inaperçu est mise à mal lorsque sa mère le force à revoir Rachel, une ancienne amie de maternelle atteinte de leucémie.

me earl and the diying girl

Une histoire d’amitié drôle et tendre

Il est difficile de savoir par où commencer pour parler de This is not a love story tant ce film regorge de jolies trouvailles.

Les premières minutes du film plongent le spectateur dans le quotidien de Greg (Thomas Mann) qui maîtrise à la perfection tous les codes des différents groupes qui peuplent le lycée. Très astucieusement, en suivant notre héros dans ses déambulations dans son établissement, le film présente les différents personnages secondaires hauts en couleur qui entourent Greg. Du gothique aux membres du club de théâtre en passant par le professeur d’histoire tatoué, ces personnages secondaires rendent cette traversée du lycée des plus jouissives et il est difficile d’empêcher un sourire se dessiner sur ses lèvres pendant toute la première partie du film. Chaque personnage se démarque par son originalité et contribue à rendre ce film unique. On se plaît à découvrir les facéties du père de Greg ou les cours non-conventionnels de son professeur d’histoire. Le personnage de Rachel (Olivia Cooke) apparaît alors aux antipodes de tous ces personnages délurés, avec sa simplicité et son lourd secret : sa maladie. Dotée d’un humour certain et d’une joie de vivre incommensurable, Rachel apporte cette touche de douceur et de mélancolie au film qui se teinte progressivement de gris. Alors que le film débute sur les chapeaux de roue et offre des moments drôles et décalés, la seconde partie est beaucoup plus sombre et les personnages secondaires que l’on appréciaient se font malheureusement beaucoup plus rares pour se concentrer sur Rachel, jusqu’à ce que l’émotion atteigne son paroxysme lors de scènes d’une tendresse infinie. Toute la force du film repose sur ce subtil mélange de douceur et de comédie. Les passages où Greg et son meilleur ami Earl présentent leurs remakes de classiques du cinéma sont d’un génie indéniable et ne manquent pas de faire sourire. Comment rester de marbre devant ces clins d’œils malicieux au cinéma et ne pas avoir envie de visionner l’intégralité de ces petites bijoux intitulés « a sockwork orange » ou « brew velvet » ?

Si cette traversée dans le monde de Greg est aussi plaisante, c’est également en partie grâce à une bande-originale d’enfer alternant entre des compositions du génial Brian Eno, des petites pépites de Lou Reed (telle Street Hassle) ou des musiques de westerns qui donnent au film ce côté décalé. Outre cette bande-originale jouissive, on se délecte de toutes les propositions originales de réalisation faites par Alfonso-Gomez-Rejon qui donne à ce film son caractère si unique. On ressent la même rigueur qu’un Wes Anderson, le même souci du détail, mais également cette ambiance onirique et charmante avec les couleurs douces que le réalisateur affectionne. Des mouvements de caméra à l’utilisation d’animaux en pâte à modeler, tous ces détails contribuent à créer une petite pépite du cinéma indépendant. Le public et le jury de Sundance ne s’y sont pas trompés, This is not a love story est l’une des plus belles découvertes de cette année.

this is not a love story 1

Les +
+ Une histoire à la fois drôle et émouvante
+ Des personnages originaux et très travaillés
+ Une bande originale d’enfer
+ Des propositions de réalisation intéressantes
+ Des remakes de films hilarants
Les –
– Une seconde partie qui perd un peu en intensité avant le final

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